L'Intelligence Politique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 11 mai 2012

Cohérences et incohérences : le parti, un système unique ?

Ce texte a été initialement écrit quelques jours avant le second tour des présidentielles.

J'ai choisi deux cas très différents, des deux principaux partis politique en place (PS et UMP), dont leur histoire conjugue à la fois une vie politique riche, un parcours en dehors du parti auquel ils sont traditionnellement, et surtout des affaires qui mettent en lumière le mécanisme de décisions et de coercition des partis.

Car la coercition, lorsqu'elle s'exerce, permet de constater et parfois comprendre les mécanismes réels et le système dans sa diversité de rouage. La seule grille des événements ne suffit pourtant pas : trop de biais, des opportunités manquées ou des hasards qui voilent une certaine réalité. Il faut conjuguer le fait immédiat au fait juridique, c'est-à-dire le fonctionnement de l'institution « parti politique » avec les personnes qui le composent, l'image et les statuts du parti avec ceux qui le gèrent ou l'animent.

J'aurai pu choisir d'autres personnes – dont George Frêche, qui remplit tous les critères de l’absence de frontière entre institutionnalité et personnalité, ou Ségolène Royal – mais dont je me réserve leur utilisation dans un autre article, dédié aux relations entre politiques et institutions publiques.

Strauss-Kahn Dominique, simple militant socialiste

L'« affaire DSK » embarrasse de nouveau le PS, suite à la soirée organisée par Julien Dray et ses proche, dans un restaurant ancien sex-shop où DSK y a été vu. Toute la crème du PS s'y trouvait, à commencer par la direction de campagne de leur candidat François Hollande. La réaction sur place de certains hauts responsables du PS a été de partir ou repartir, d'autres de rester.

On reproche à DSK de mener une bataille parallèle à la présidentielle, pour son propre compte, venant perturber la stratégie du « candidat normal ». Car François Hollande et DSK semble n'avoir plus que cette idée en tête : être normal. Pour DSK la normalité passe par la dénonciation de ce qu'il a vécu comme quelque chose de commandité, de téléguider, et non d'assumer la responsabilité de ces actes. Chacun jugera en son âme et conscience, la justice n'ayant pas encore rendu de décision de condamnation à l’heure d’écriture de ces lignes.

L'affaire éclabousse non le PS, mais un des ces anciens hauts responsables. Même impossible pour le parti de ne pas se fixer, se positionner, en fonction de cette affaire. Il faut alors se poser trois questions pour distinguer les contours de ce problème « politique ».

DSK est-il un personnage public ? Certainement : chacun de ses déplacements « officiels » sont suivis et protestés de près. La question de la légitimité de la protestation et de l'importance de l'info et de son traitement dans l'actualité varie d'un média à l'autre.

DSK est-il un personnage public politique ? La question est plus délicate : proteste t-on contre l'ancien Ministre et Directeur du FMI ou contre la personne de DSK qui aurait commis un crime sexuel ou un délit d'utilisation de service de prostitution ? Une première réponse est apportée par l'impossibilité de séparer les deux. DSK est une personne ayant connu de grandes responsabilités dont les mérites de gestion, de décisions et de négociation ont été de nombreuses fois saluées.
Reste que les accusations qui subit sont à classer davantage dans la banalité d'un fait divers qu'un événement signifiant pour les politiques publiques. J'y reviendrais.

DSK est-il un responsable politique ? C'est-à-dire a t-il, au-delà de sa simple personne dont le CV impose, une responsabilité formelle ? Non assurément : peu avant son arrestation, les médias décrivaient jour après jour ses moindres mouvements pour tenter de percer le signe d'une candidature aux primaires socialistes, qui devait arriver d'ici à quelques semaines. Mais tous étaient formels : son poste lui interdisait toute publicité de ses activités politiques formelles (les appels aux amis ne sont pas interdits...) et toute mandat dans un parti. D'après les différents commentateurs, une équipe autour de responsables d'Euro-RSCG (groupe Boloré), dont Stéphane Fouks le patron de l'agence, travaillait à affiner l'image de sauveur du monde du directeur du FMI ; et cette même agence s'occupait d'ailleurs de la communication du FMI à travers lui.

Sa « chute » ne lui a pas permis de retrouver de prise directe et formelle sur les affaires au sein du PS ou d'un autre parti. Pire : il a été honni par la quasi-totalité de ses amis, qui devaient conjuguer perte de leur leader (naturel) et gain de leur nouveau leader (choisi par les militants lors des primaires). Ce fut donc un jeu de chaises musicales pendant plusieurs semaines, durant l'été et la rentrée 2011, pour que l'ancien « courant » de DSK soit dissolu dans les autres. L’enjeu était d’éviter l’explosion du PS en cas ou non de défaite aux Présidentielles 2012 (en renforçant les courants existants).

Parenthèse personnelle : toujours sans mandat actuellement, l'ex-directeur du FMI se fait discret. A l'heure où j'écris ces lignes, si François Hollande est élu Président de la République dans les jours qui arrivent, un DSK discrédité sur le plan politique et personnel mais (presque unanimement) reconnu sur le plan technique des finances publiques pourrait servir F. Hollande. A quel poste, et comment ?
Probablement par une mission, sous la direction du Premier ministre, pour rassurer des marchés exaspérés par des personnels politiques dont ils ne partagent définitivement plus l'agenda et le tempo. Il faudra soit aller vite (les 100 jours de grâce du nouveau président élu se conjugue avec la période estivale), soit attendre plusieurs mois, voir une année, et une dégradation des marchés financiers et d'un relèvement du taux moyen des emprunts d'état français.

Le « simple militant socialiste » n'a donc pas d'incidence formelle sur le PS, bien qu'il est une incidence sur la campagne du candidat représentant le PS. Donc, de manière informelle et plus ou moins directe sur le PS, bouleversant la communication du parti et rendant plus flou l'image de normalité du candidat Hollande.

Christian Vanneste, de (presque) toutes les droites

Si DSK a été critiqué sur ses mœurs très libres (je n'utilise pas le mot viol tant qu'il n'y a pas de condamnation), Christian Vanneste a été critiqué sur sa moralité très traditionnaliste. Aux conséquences de ces deux affaires évidemment très différentes, car le député du nord n'a pas une influence mondiale. Mais il a une influence réelle sur les « digues » politiques relativement récentes qui entourent le Front National depuis le début des années 90 (n'oublions pas que, lors de son premier mandat parlementaire, le jeune Député Le Pen était fort apprécié par toute la classe politique !).

Ces digues empêchent, que l'on soit d'accord ou non avec celles-ci, tout accord entre la droite dite « républicaine » et la droite « nationaliste ».

C'est donc un Vanneste « levier » des parlementaires et élus de la « droite populaire », le courant le plus à droite de l'UMP, souvent proche des thèses populistes, qui sert de cavalier dans les médias. En allant plus loin sur les sujets sociétaux, dans une zone où la pauvreté grandit face à la désindustrialisation de masse, Christian Vanneste profite de la perte de repère idéologique d'une grande partie des électeurs pour radicaliser leurs positions, en radicalisant les siennes. L'histoire dira peut-être un jour si c'est par intérêt, par idéologie ou les deux.

A l'instar de DSK qui représente(ait) le courant de la social-démocratie au PS, Christian Vanneste est devenu pour Thierry Mariani et quelques autres, une image dénoncée par l'UMP dont ils sont encore rattachés, mais forte du mouvement auquel il appartient. Thierry Mariani, Ministre, est un des membres fondateurs du mouvement de la droite populaire, dont il assure la représentativité des 42 signataires-députés de la nation au Gouvernement.

D'autres lui disputent le poste du conservateur, tel Gérard Longuet, missionné par Nicolas Sarkozy dans sa conquête de l'électorat frontiste, qui s'est illustré ce matin dans le magasine pro-FN « Minute » et qui nie d'ailleurs l'existence des digues tout en rejetant le FN comme mouvement politique.

C'est dire si le jeu est complexe : d'un côté des élus plus « frondeurs », qui veulent radicaliser la droite vers le populisme (droite populaire), et de l'autre des émissaires de la frange conservatrice qui parlent aux nationalistes.

Entre les deux, les points communs sont vastes (homophobie et aversion à libéralisation des moeurs, place des nations en Europe, vision de supériorité de l'occident, rôle et limite de laïcité, etc.), mais une différence de taille peut leur être opposée : Christian Vanneste souhaite un décalage complet de la droite du FN, de manière permanente et pour gouverner ensemble ; quant le bloc conservateur souhaite une stratégie plus fine de coup par coup, pour récupérer l'électorat sans en récupérer les partis (FN et assimilés).

A Vanneste des ambitions locales d'une alliance nationale, à Longuet l'ambition nationale d'alliances locales.

Pour le premier, ses propos récurrent sur l'homosexualité lui ont valu plusieurs fois une mise publique au banc de la part de ses collègues UMP, puis une exclusion. Mais les versions diffèrent et c'est là l'enjeu de l'histoire : Jean-François Copé, Secrétaire général de l'UMP parle d'auto-exclusion, quand Christian Vanneste dit « attendre » l'exclusion de la part du bureau politique de l'UMP.

Si dans les faits il semble certain que la condamnation se fait attendre du parti, l'instance de discipline n'ayant vraisembablement pas rendu de verdict, politiquement Christian Vanneste n'est pas investi pour les législatives de juin prochain. Pire, il a un candidat investi du parti dont il est encore membre face à lui, député sortant.

UMP et PS : impossible de détacher le parti de ses cadres ?

Comme une entreprise, dont le dirigeant serait dans une procédure judiciaire, ou dont un des cadres auraient commis des agissements sociaux condamnés, même seulement médiatiquement, les partis politiques souffrent dans leur fonctionnement et leur communication de l'image négative de ces responsables.

Ainsi lorsque la presse évoque l'affaire DSK, évoque t-elle un membre éminent du PS ? Car s'il le fut, il ne l'est plus. Est-ce justifié de critiquer un parti qui, après tout, n'est pas concerné par sa présence à un anniversaire ?

D'où cette question innocente : à partir de quelle période ou de quelle action sommes-nous détacher de notre ancien système ? L'est-on jamais vraiment ?

Mais le diable se cache dans les détails. La critique sur le PS face à l'intégralité de l'« affaire DSK » porte moins aujourd'hui sur sa présence médiatique, que sur le silence troublant des instances dirigeantes sur ses agissements supposés. Si elles sont confirmées par la suite, François Hollande en tant qu'ex-Premier secrétaire, devra répondre, tout comme l'ensemble des bureaux politiques qui se sont succédés à ses côtés.

Nous le voyons, le positionnement politique se double des positionnements (et actions) personnel(le)s. Faire de la « science politique » sans une analyse stratégique n'a pas de sens. Un jeu d'acteur ne peut être compris seulement par des rapports d'idées. Les luttes d'influence, les incidents personnels comme les aspects financiers, ont – à mon sens et c'est la démonstration de l'Intelligence Politique – le premier plan.

D'ailleurs, la question de l'appartenance réelle, c'est-à-dire effective (ayant cotisé), n'est pas retenu : DSK a t-il toujours sa carte au PS ? La presse n'aborde pas la question.

Ce n'est pas toujours vrai : l'UMP est critiqué car l'adhésion de Christian Vanneste est toujours dans le flou.

Sur la question des finances, il y a de nombreuses choses à dire. Difficile de les résumer ici, notamment pour les « micro-partis », qui servent à financer les actions de communication et de soutien politique aux personnalités.

Le FN est un exemple frappant : le combat fut rude entre Jean-Marie Le Pen, décrié et en perte de vitesse après ses déclarations scandaleuses, et son dauphin naturel Bruno Mégret. La coercition fut une stratégie d'étouffement financier et de paralysie de tout l'appareil du parti.

Bruno Mégret fut le premier à pouvoir publiquement tenter la manœuvre de « dédiabolisation » du FN, qui sera reprise par la fille de Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen. La scission n'est alors pas seulement le jeune loup qui voit que la place qui penser devoir lui revenir – celle de la Présidence du FN et de la COTELEC, qui perçoit une partie des dons militants – lui échapper, c'est aussi une volonté de s'ouvrir vers la droite républicaine RPR pour passer des alliances et appliquer la « troisième voie lepeniste » (« la France aux Français »). Le FN arrive aux extrêmes limites de taille d'un parti contestataire : il lui faut faire ses preuves localement pour emmener un mouvement national.

Bien mal lui en a pris : son mouvement, Mouvement National Républicain, créé avec l'appui d'un grand nombre de cadres du FN et de militants, sera rapidement balayé et il ne mettra jamais la main sur les financements nécessaires à relancer des campagnes d'adhésion. Des ennuis judiciaires finiront la descente en enfer.

Comme l'Intelligence Économique peut avoir mauvaise presse car elle s'intéresse à des aspects peu ragoûtants des relations inter-entreprises, l'Intelligence Politique aborde (et c'est tout l'objet) des décisions politiques et des politiques dans le regard le plus cru des relations des personnels politiques.

Cockpits et cultures, tenter la sérialisation des structures

Alors qu'en retenir ? Qu'apporte cette article à la définition et la construction de l'Intelligence Politique ?

Un objectif déterminé et justifié : la sérialisation dans le domaine de l'Intelligence Politique et qui pourrait être reconnue comme suit : c'est connaître les déterminismes (que l'on pourrait déterminer comme les constantes) et les variables de l'ensemble des structures formelles et informelles qui composent l'environnement politique immédiat d'un parti politique donné, et sur lequel ce dernier a des relations politiques, financières, idéologiques ou stratégiques directes, même si elles sont peu perceptibles.

Le regroupement de ces constantes et de ces variables dans système ouvert (qui ne se limite aux relations déterminées par l'objet du parti et de son règlement), permet une qualification au-delà du système lui-même et des relations qu'entretiennent les agents entre eux.

L'idéal est de déterminer des constructions génériques de sphères d'influence et de coercition, applicable à des situations en dehors de tout contexte idéologique, faisant le lien entre système et acteurs du système ; permettant donc de déterminer à l'avance et de manière systématique comment cette organisation interagie avec son environnement.

Des moyens hérités d'autres disciplines, pour ne pas « réinventer la roue » : cette sérialisation n'est donc qu'une première étape. N'oublions pas que, lors de la définition de l'Intelligence Politique, j'ai déterminé un point de départ les fondements et préceptes de l'Intelligence Economique, dont le travail sur l'application des thèses du renseignement et de la manipulation militaire aux acteurs privés, donne un point de départ intéressant.

Un ouvrage « Cohérences et incohérences, 5 entreprises mises en pièces » de Jean-Marc Beignon (et préfacé par Bernard Besson), me semble parfaitement adapté pour débuter ce travail. JM Beignon tente de récapituler, avec plusieurs dimensions, quelques grands types d'entreprises privées.

Il en sort deux concepts : la culture (le liant, la gestion de l’organisation) et le cockpit (la direction, le sens de l’organisation ; mais aussi la manière dont l’exécutif voit son environnement). Il s’agit d’en tenter une transposition (audacieuse j’en conviens tout à fait), de ces conclusions à une organisation politique (le parti) qui, si elle reste « privée », garde un poids institutionnel (donc public), médiatique et une organisation bien à elle.

Pour se faire, il me semble qu’un schéma d’organisation se dégage, avec 4 étapes qui se bouclent :

  1. Observer largement (le parti visé, son environnement immédiat)
  2. Sérialiser les objets (en débutant par de grandes masses de personnes au sein du parti comme les courants de pensées),
  3. Déterminer les interactions et les intérêts (qui maintient cohérences ces masses entre elles),
  4. Observer précisément (les cohérences et les incohérences de chacun des groupes entre eux)
  5. Puis recommencer avec une observation large mais en partant d'une échelle moindre, comme les sous-groupes des courants de pensées...

… jusqu'à parvenir à l'individu.

Bien sûr, de grandes tendances se dessinent déjà : le bureau politique, les cadres « employés » du parti, les cadres « bénévoles » reconnus dans leur fonction (comme un responsable départemental ou un trésorier), des collaborateurs d'élus et les élus eux-même, des militants actifs.

Ce travail de recherche et de formalisation est nécessaire pour appuyer ensemble toutes les conclusions du travail d'Intelligence Politique. Mieux, il permet ensuite d'aborder sous une approche mathématique (hors sciences humaines donc), avec des statistiques précises de chacun des groupes ou des mouvements financiers. Cela déterminera tout le travail de recherche des forces et faiblesses d'un parti.

Quelques sources presses ayant servies à rédiger cet article :

Sources diverses :

lundi 2 janvier 2012

Rétrospectives 2011 : informations construites ou construction de l'information ?

En ces dernières heures de l'année, comme tout bon média qui se respecte (et je considère qu'Internet en est un, et les sites qui le composent en sont les chaînes), il est nécessaire de faire « le point ». C'est-à-dire combler les vides des RTTs des équipes rédactionnelles par un passage en revue plus ou moins exhaustif de ce qui a fait l'année de l'actualité.

Passons rapidement sur un terme primordial avec la définition sur ce blog du terme « actualité » : une construction narrative unique à un instant « t », à partir d'informations disparates (formes et qualité), dans un circuit rédactionnel déterminé pour une diffusion sur un média, à une fin de mise en valeur et sous différents angles de ces informations dans un bloc afin de leur donner une nuance (qui tendra ou non vers l'objectivité) et les rendre sous la forme d'une suite compréhensible et cohérente. Le terme « nuance » est ici important : c'est la patte du média ou de l'équipe rédactionnelle, la conséquence de la manière de travailler l'information.

Alors dans cette actualité de l'année on y retrouve bien sûr tous les événements « importants », dont la couverture médiatique a été forte, mais aussi d'autres événements plus sociologiques, montrant telle attitude ou tel comportement dans notre société. C'est l'occasion de se rappeler à la manière d'un buffet, d'une chaîne à l'autre, les plats réchauffés : un accident nucléaire qui n'en finit pas, une affaire de mœurs d'un politique qui n'en finit plus...

S'il n'y a pas normalement une découverte, certains éléments peuvent nous surprendre, parce qu'oubliés ou dont le traitement qui était fait alors était différent. La valeur même du temps diffère : les grandes catastrophe n'ont plus un sentiment d'urgence, les « affaires » judiciaire ou politique semblent comme dépassées ou affadies. L'éclat de la nouveauté n'est plus et pourtant on peut percevoir dans le sentiment de « déjà-vu » comme un regard nouveau, comme un vieux livre dont on pensait tout savoir.

~

Pour les événements « terminés », sur lequel il n'y aura probablement plus jamais de rebondissement, la rétrospective de fin d'année est probablement le moment de conclure, de donner l'ultime mise en scène, en choisissant les détails qui resteront. Sauf à faire une recherche plus approfondie, on peut avoir l'impression que c'est ce qui « surnage » dans notre inconscient. Pas forcément le plus marquant ou le plus important à la compréhension : les menottes de DSK, son arrivée au tribunal au bras de sa femme sous les huées ou, dans un autre domaine, le point manquant à l'équipe de France de rugby lors de la finale.

Tout ce qui faisait au moment précis des événements le contexte a disparu : les rumeurs, les erreurs, les passions déchaînées et les commentaires ; bref ce qui explique aussi en parti que l'on retient ça plutôt que ça n'existe plus. Passer à la machine à laver, l'actualité est comme « affadie ».

L'inconscient collectif est comme écrit lors ces rétrospectives, comme des moments de messe télévisuelle : la synthèse détermine ce qui est vraisemblable de croire et pas forcément pourquoi cette vraisemblance s'approche de la vérité, et comment elle s'est faite. On ne peut donc selon moi jamais apprendre de ses erreurs : on revit certains points sans pouvoir se rappeler le cheminement, si même on a changé d'avis, de regard.

L'incidence de la sphère familiale est probablement trop souvent oubliée à mon sens : combien de familles, de personnes, ne regardent seulement que le « 19-45 » de M6 (15 min), ou les grandes messes audiovisuelles des 20h des deux principales chaînes françaises ? Et dans quelle condition : à table, on entend les bribes entre deux paroles, ou pendant la préparation du repas. Pire, de loin en loin, la « télé » est un fond sonore et seules les images passent distraitement.
Ce n'est pas un jugement de valeur que je porte : chacun fait ce que bon lui semble, à l'accès à l'information et à l'actualité (ou plutôt aux actualités) qu'il veut et qu'il peut. Le pluralisme se heurtent souvent aux heures « classiques » de disponibilité (une matinale, le midi, le soir) et on regarde rarement plusieurs média en même temps. Internet a certe rendu disponible et en temps réel toutes les informations possibles et imaginables mais, à l'instar de la TNT, on voit que la multiplication des canaux a un coût, celui de la production de contenu. Et Internet est (trop ?) souvent un lieu de rediffusion (le principe du « buzz », un même contenu partagé un nombre incalculable de fois, sans valeur ajoutée d'un relais à l'autre).

Et la TNT et Internet ont rendu aussi possible l'accès thématique : les jeunes ont des chaînes de jeunes, les vieux des chaînes de vieux, les communautés ont les leurs, etc. Bref : la consommation même d'informations, et donc d'actualités, est de moins en moins rédactionnelle (c'est-à-dire avec un filtre journalistique), de plus en plus formatée (temps court, jugement lapidaire) et copiée (coût financier moindre pour les médias). On ne partage plus « une actualité » mais on s'abonne à un flux thématique d'actualité... la construction narrative collective s'en trouve affaiblie. Donc la vision commune et, un jour, l'influence du vote car les débats que nous aurons se trouveront déformés par nos accès à un savoir trop individualisé ; donc avec un niveau de détails et de pertinence bien trop différents pour parler d'un même sujet.

Je n'ajoute pas à cela deux autres défis de notre démocratie : les lobbys et la publicité, (et la jonction entre les deux, cf. mon mémoire de Master).

Bien évidemment, il reste quelques événements qui dépassent, bousculent, nos habitus de consommation d'informations et d'actualités. DSK et le tsunami au Japon en sont deux exemples. Mais ils font désormais plus figures de contre-exemples de ce qui se passe (des exceptions qui confirment la règle donc) qu'autre chose... Et dedans, certains retiennent seulement la partie "people", la partie "judiciaire", la partie "politique", la partie "écologique", "économique", ou que sais-je...

~

Et bien évidemment toujours, il serait trop long de faire une émission ou un article sur chaque événement marquant (et qu'est ce qui est marquant pour une population donnée ? tout probablement, car on est tous touché à des degrés divers), retraçant toute la chronologie et les différents contextes. C'est-à-dire une rétrospective qui rejoindrait tous nos canaux thématiques dans une même vision, un même flux d'actualités synthétisé mais complet.

Pire : la rétrospective parfaite et la plus complète imposerait une exhaustivité, c'est-à-dire de revivre pratiquement heure par heure l'actualité, donc ne plus s'essayer à une synthèse. C'est un jeu d'équilibriste où celui qui fait la rétrospective doit donner non pas un maximum d'informations, mais un maximum d'actualités. C'est-à-dire qu'il s'essayera à joindre des blocs déjà conçus pour donner un sentiment de continuité. Contrairement à l'écriture d'une actualité classique, la rétrospective est un travail moins de fond que de forme. On impose ce qui reste et pas ce que l'on sait : car le principe de départ est que l'on sait déjà tout (ou on en a l'impression).

Cette conclusion je l'ai ressenti en regardant quelques émissions, sur des chaînes différentes, à des heures différentes, sur des sujets différents. Il y a un consensus sur les chapeaux des actualités, avec quelques nuances non dans les informations (identiques) mais de l'actualité qu'on en avait traduit.

Bonne année.

dimanche 4 décembre 2011

Direction Générale, la frontière entre administration et pouvoir politique

D-G-S : Directeur Général des Services. Probablement, avec la Direction du Cabinet, les deux personnes les plus importantes dans une collectivité. L’un est purement politique, et doit servir son Président (ou sa Présidente), le second est la passerelle entre l’univers politique, médiatique, du lieu du débat démocratique et du vote, à celui de la mise en oeuvre, de la puissance administrative, des Services.

La Région Poitou-Charentes (ou plus exactement le Conseil Régional et ses Services) dispose d’un DGS. Il en sera beaucoup question dans cet article, car il illustre un exemple, parmi d’autres mais que je connais bien, d’une certaine informalité dans ses relations avec la Présidence et peut-être, de la définition peu claire de la frontière qui existe entre administratif et politique. C’est l’objet de cet article.

Sur la forme de ce dernier, j’ai volontairement effacé le nom de la personne pour ne pas le faire référencer dans les moteurs de recherche. Ce qui m’intéresse n’est pas l’homme et sa situation présente, mais le poste et les différentes illustrations qui peuvent être reprises.

Même si le nom est connu et facilement retrouvable, c’est un garde-fou : ce blog se veut faire des études et des tentatives d’élaboration de l’IP, non des articles diffamatoires ou de commentaires partisans.

Lire la suite...

jeudi 6 octobre 2011

Un homme et son ombre

2 mai 1519, un homme est mort. Leonardo di ser Piero da Vinci, dit Léonard de Vinci, est le premier architecte, peintre et ingénieur à la cour du Roi de France.

Son décès fut un immense drame dans la cour de France, au-delà de la tristesse du roi. Le royaume pouvait-il survivre à un génial concepteur ?

06 octobre 2011, un homme est mort. Steve Jobs, co-fondateur et actionnaire de la société Apple, est mort. Il était un brillant manager qui avait su s'entourer de personnes capables de l'aider dans son génie – et de lui apporter d'autres idées aussi fabuleuses qui les rendirent très riches.

L'entreprise qu'il a cofondé peut-elle survivre ?

Son décès est un drame pour ses proches, sa famille, ses amis. Il était un grand dirigeant d'entreprise – sa direction générale, les autres actionnaires, les partenaires, et peut-être ses salariés le pleureront. On louera même ses coups de gueule les plus injustes. C'est la loi du genre, la mort efface vos péchés, vos mauvaises actions... jusqu'à parfois vous forger une stature ou un profil que vous n'aviez pas.

Sans aucune honte, si j'ai eu un coup au cœur, il fut fugace ce matin en apprenant la nouvelle. Je ne connaissais pas cet homme : qui le connaissait vraiment sinon ses proches et ceux qui le côtoyaient ? Adulé il l'est, mais c'est un homme – pas un dieu. C'est un homme et son départ définitif est une chose naturelle, qu'il reconnaissait lui-même. Pourquoi ne pas lui laisser sa seule gloire, c'est-à-dire ce qu'il a apporté et permis dans les domaines de la technologie numérique comme du marketing.

Peut-être devons-nous à un rythme régulier créer nos propres mythes. Pour sûr il restera celui qui a préfacé un univers numérique complet, plus perfectionné, performant et surtout complet que son pendant Microsoft / Gates, que Samsung (dont personne ne retient le nom du dirigeant ?).

C'est oublié parfois qu'il avait un but, qui n'était pas l'incarnation d'une morale puritaine. Mais ce mythe « Steve Jobs » est une fable qu'il convient encore de se repasser pendant les jours à venir, comme un plat réchauffé qu'il faut terminer. Alors tout blanc Jobs ? Autrement dit, à quand le devoir d'inventaire ?

Jobs l'Universel peut-être ? Vendre des objets qui, s'ils étaient particulièrement très performants, brillaient d'avantage par leur simplicité que leur prix, ce n'est pas la porte ouverte à tous.

Jobs le Patriote peut-être ? Non, ou alors avec des usines chinoises, qui produisaient ses objets.

Jobs le Durable peut-être ? Si l'on veut : son empire ne s'éteindra probablement pas tout de suite, mais le cycle de consommation de ses objets sont effrénés.

Un homme est mort mais son équipe survit. Il est 22h12 lorsque j'écris ses lignes et le monde n'a pas cessé de tourner. Un signe que d'autres génies viendront dans leur temps. Et des génies qui donneront aussi à leurs apôtres des rêves pour couvrir ou sans découvrir des objectifs plus ou moins nobles.

samedi 24 septembre 2011

Très chère dette...

Il est noté partout que nous serions dans une “crise de la dette”, que celle-ci, non sans raison, nous conduit au précipice.

Pourtant ce n’est pas une crise, mais des crises qui s’offrent à nous et malheureusement les remèdes ne fonctionnent pas car l’on recherche l’uniformité. La dette colossale des USA n’est pas la dette “politique” de l’Italie et son Berlusconi national, pas plus qu’elle n’est la dette structurelle de la Grèce ou encore l’ouvrage d’art français - en gestation depuis plusieurs décennies.

Derrière il y a les dettes privées, les actifs pourris, la méchante titrisation, les très horribles produits structurés. Les affreux marchés financiers. Un jour je prendrais le temps d’y revenir.

Les chiffres de la dette, ce qui nous intéresse ici, volent : celle du Japon atteint 220% de son PIB, la nôtre 1350 milliards, celle des américains représentent plus du tiers des réserves de changes en République Populaire de Chine.

On se compare, on se jauge, on se juge. Aider en cela par de charmantes organisations qui font payer leurs services à pas cher (ou si) pour donner la solvabilité toute théorique d’une institution.

Si si, je vous assure.

Alors seulement financière la dette ? Pas tant que ça : elle est le reflet de notre fin de civilisation et de notre perte de vitesse globale, où l’occident a légitimement pris une place importante - avec des moyens qui le furent bien moins au regard de la volonté humaniste qui nous guidait plus ou moins.
Avons-nous diffusé la “civilisation” que la nôtre nous joue des tours ; qu’aujourd’hui nous avons besoin des BRICS (Brésil - Russie - Chines - Indes - Afrique du Sud).

L’influence est égale au carré de notre armée, divisée par la taille de notre débit. Et nous sommes tellement débiteur que notre influence est en passe de descendre sous le 1 symbolique. Ne cherchez pas d’où vient cette formule : je l’invente pour l’occasion.

Mais alors, cette dette, est-ce vraiment un problème ? Cet article apportera un (bien modeste) éclairage sur notre pays. Lui seul. Il introduira les conséquences politiques de tout cela car c’est là l’objet de ce site.
Peut-être que certaines de ces conclusions sont transposables ailleurs.

Ou bien les nations sont pour l’instant plus important que l’union; ou que l’union des pays est encore en devenir.

Saint Jouyet, priez pour nous.

Lire la suite...

jeudi 11 août 2011

L'Intelligence Politique : le réalisme d'une IE engagée ou la seconde face d'une même pièce

Il est toujours délicat de présenter comme faisant partie des règles, une entorse à une méthode dont on souhaite être reconnu par la suite comme l'ayant utilisé. Et dont on cherchera alors une légitimé pour aller au-devant d'une communauté et tenter de faire reconnaître le travail dans son intégralité.

Mais la difficulté est aussi un défi que j'ai plaisir à relever : cet article va témoigner de ma volonté d'utiliser des valeurs sociales, morales et politiques au projet de création de l'Intelligence Politique, toujours dans une perspective universitaire, et ceux en étant objectif (ou en tentant de l'être).

Irréaliste ? Peut-être. Mais j'opposerai deux arguments forts, qui sont les deux parties de cet article.

Lire la suite...

samedi 25 juin 2011

2012 sera spirituel (ou ne sera pas)

Il y a, dans la classe politique en général, la continuité du débat sur le « mariage gay ». J'ai eu l'occasion d'échanger sur des sites de réseaux sociaux de la position d'arriver à une plus grande laïcisation pour l'adoption des termes d'union civile. Les réactions pour les non-homos sont plutôt bonnes en générale, même parmi les conservateurs. L'union civile « re-sacralise » le mariage dans son rôle d'institution religieux. Hors, j'ai rencontré une appréhension plus forte de la part des personnes gays.

L'aboutissement est compris mais c'est un combat de mots, de concepts, avant d'être un combat de raison. Je comprends qu'ils se battent pour un principe d'égalité ; mais je la vois ailleurs cette égalité. On me reproche de faire jeu des conservateurs : c'est pourtant tout l'inverse !

Dans l'union civile, j'y vois un facteur « d'égalité réelle » : ce serait l'union de deux personnes, sans aucune base morale. Ni d'histoire : le mariage a subit de nombreuses évolutions dans sa forme juridique, à commencer par le divorce et la reconnaissance d'une égalité entre les partenaires. Ce n'est donc pas un thème figé, mais qui s'ancre dans ce qui me semble ses dernières limites de conception viable (notamment vis-à-vis d'une certain image d'intemporalité et d'engagement définitif). Tant qu'à réformer le mariage, réformons le concept même d'union. Il resterait, derrière, l'éthique même de notre République, des valeurs qui la fondent, d'égalité, de fraternité et de liberté. Au fond, ces débats dits de société où le mariage gay règne (temporairement ?) dans les médias replacent le spirituel sur le devant de la scène. Le Quoi a remplacé par le Pourquoi. Non sans risque ?

A mon sens, le non-croyant, dont je suis, se doit d'avoir un regard sinon éclairé, au moins une recherche dans le domaine de la spiritualité. Il ne s'agit pas de s'inventer, d'essayer, une ou plusieurs religions, un ou plusieurs dieux, de construire une quelconque croyance ou d'idolâtrer un quelconque objet. Ni dieu ni maître pourrait être ma devise et je ne me reconnais aucune destinée, aucun sens particulier à ma vie et mon quotidien autre que celui que je me donne jour après jour, dans une perpétuelle construction de moi-même.

C'est la vie-même en société qui doit nous imposer cet effort, lorsque l'on se veut être à un degrés de citoyenneté supérieur, de ce que l'on attend de l'autre et de nous-même. La spiritualité laïque a cette force que la morale ne peut comprendre, qui est non l'adaptation molle, mais au contraire la recherche de la vérité (par la science) et d'un épanouissement (par l'accomplissement avant tout de soi-même).

La spiritualité laïque serait, dans une conception j'espère partagée, à rapprocher à une certain forme de liberté : elle applique une philosophie qui repose sur un but et non un destin, une construction sociale et non une détermination, des acquis et non des révélés. Et comme une spiritualité religieuse, il y a la place pour l'effort, le sens du sacrifice, une certaine éthique de vie.

Le mariage gay donc, repose derrière lui la terrible question de reconnaître tel ou tel héritage religieux dans la construction européenne, le rapport à l'universalisme du message de la France (et donc en creux des sujets d'immigration), des évolutions d'autres pays qui sont pourtant jugés plus conservateurs ou religieux que nous, du rapport de notre société à sa propre violence et à ses désirs, à la moralité et donc à ses exclus, du devoir qu'elle se doit à elle-même et aux autres.

J'en fais le pari : à l'heure où même les partis traditionnels de gauche durcissent les messages sur les faits de société et se rapprochent d'un certain conservatisme, nous devrons, face aux « désordres » (en sont-ils vraiment ?) et aux évolutions qui agitent notre monde, remonter à la source même de ce qui fondent notre pacte républicain. Et peut-être, enfin, rompre avec ce lien entre les valeurs républicaines (légales, partagées car base de notre société) et les valeurs morales (légitimes, mais insuffisantes pour guider la puissance publique et le citoyen).

dimanche 5 juin 2011

Gutenberg / Zuckerberg : même combat

Ma tiraille est aguicheuse : l'article porte bien moins sur ce qui rapproche Gutenberg (l'inventeur de l'imprimerie moderne) et Zuckerberg (l'un des co-fondateurs du réseau social FB et un major de l'industrie d'Internet), que de comprendre comme l'on porte une révolution dans la diffusion de l'information. Il s'agit de tenter une (très modeste) approche de synthétisation, de systématisation pour voir les similitudes et les différences.

Derrière, on y rejoint l'Intelligence Politique par la réglementation, et ce qu'il faut considérer (ma prise de position) non comme la réponse des personnels politiques au monde numérique, mais la réponse de l'attente du secteur de l'industrie culturelle à une frange des utilisateurs pirates du net les plus virulents.
C'est l'objet de la seconde partie de cet article, avec quelques réflexions Hadopi (voir ici et ici).

Entre les deux hommes, une phrase peut résumer ce qui rapproche leur deux monde d'alors, dans un jeu des comparatifs : les imprimantes personnelles (dignes successeures de son parent volumineux, comme les premiers ordinateurs et nos tablettes actuelles) permettent de faire des tracts (pages web) qui sont distribués dans des réseaux humains constitués (réseaux sociaux numériques) à des fins de propagandes (d'information et d'actions d'extimité – voir ici et ici).

Bien sûr la technologie a évolué dans le temps et la taille potentielle de distribution du tract (numérique) ou de la page (Internet) devient infini ; ou au moins sa taille est proportionnelle au potentiel de personnes connectés pendant une période données dans le monde : c'est-à-dire beaucoup, vraiment beaucoup. Et vraisemblablement beaucoup plus que sur un marché sous le manteau !

Sans compter que le numérique est aujourd'hui implanté partout, dans tous les moyens de communication, quotidiennement avec, dans nos poches, les téléphones portables mais aussi... des screenshots imprimés sur une simple feuille volante, copiée à la rotative. Quand Gutenberg rejoint Zuckerberg.

Passons maintenant au côté politique.

Lire la suite...

mercredi 25 mai 2011

La « gauche de la droite »

/!\ Cet article n'engage que moi et ne reflète pas d'autres intérêts que les miens. Il n'entre pas dans le cadre de la conceptualisation de l'Intelligence Politique, mais de l'illustration d'un cheminement de pensées.

L'année 2012 sera, sur de nombreux plans, une année essentielle. Le parti auquel j'accorde ma confiance, ma voix (citoyenne) et une grande partie de mon temps, est aujourd'hui dans une période de préparation de son programme, une période pour continuer et amplifier le débat nécessaire autour des réformes à proposer au Gouvernement ou celles qu'il souhaite voir entreprises.
Certains de ces débats me semblent parfois déplacés, ou mal posés ; mais qui est éternellement d'accord avec tout dans une organisation ? Pas moi en tout cas.

Lire la suite...

dimanche 15 mai 2011

DSK : la politique et son organisation au grand jour

Les situations de crise ont cette faculté : faire apparaître les organisations telles qu’elles sont et, à travers les dysfonctionnements, les jeux d’influence, de pouvoir ou simplement certaines négligences dans le suivi.

Ainsi la crise montre quels sont les véritables responsables, qui prend ou non les décisions. Souvent la crise est elle-même une organisation dépassée par un fait initiateur, et l’incident originel, bien que clos, persiste dans le dédale interne d’une institution.

Lire la suite...

lundi 9 mai 2011

Parce que je ne crois pas aux thèses complotistes, j'y vois une action réelle...

Publié initialement le lundi 2 mai 2011, à 09:18 sur mon profil FB.

Lire la suite...

dimanche 8 mai 2011

Un certain 8 mai

Le 8 mai : c’est exactement 66 ans qui nous sépare de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et ces deux dates forment deux marqueurs de notre histoire nationale. Un début et une fin, la fin devenant elle-même un début.

A l’arrondi près, nous avons eu les “trente glorieuses” (45-75), puis les “années frics” (75-85), avant les “trente de crise” (85-10) : à ces trois espaces, il y a un même héritage, la nécessité de construire ensemble.

Ce 8 mai 2011 est l’amorce d’une période : la campagne des présidentielles 2012 mais, au-delà, d’une ère où “déclinologues” et “possitivistes” s’affrontent sur le réveil, sursaut, salut national ou européen (suivant le degré de sérieux et de populisme). J’y viendrai dans un prochain article.

Tout d’abord sur les constructions : la première construction fut la reconstruction de la France, le “Gaullisme triomphant”, qui emporte la fin de l’Empire français. A lors, c’était “ensemble, la patrie”. Retour avec vigueur sur la fin de l’Occupation, la fierté de retrouver une indépendance comme la difficulté de trouver un système politique capable de garantir un pouvoir nécessaire fort et directif pour un premier temps, tout en permettant un système démocratique. Cela pour la métropole.

Refusant le système de commonwealth britannique, les colonies françaises s’échappent peu à peu de la métropole puis plus rapidement, basculant les unes après les autre pour rentrer en dissidence. L’indépendance est alors de mise : elle est contrainte et acceptée par l’Etat, bien que symbole pour les uns de la décadence et de l’autre de l’échec d’une Nation pleinement respectueuse des Droits de l’Homme, qui s’est résolue à la guerre face à des peuples épris de Liberté.

Le continent européen reprend une certaine vision du “concert des Nations”, contrebalancée par un bloc soviétique disparate (productiviste russe, révolution culturelle maoïste) et son alternative communiste.

La seconde construction fut les prémices de notre Union européenne, avec les avancées dépassant l’idée d’une CECA restreinte et d’ordre internationale : les “Conseil européens” des Ministres, le SME - père de l’Eurozone, permise par les convergences monétaires, ou diverses dispositions pour la mise en place de système d’aides au développement sont autant d’éléments qui créent une réalité supranationale et contraignent à la paix et la stabilité une partie de l’Europe.

La troisième construction fut la réunification de l’Europe, les guerres des pays satellites à l’URSS, l’arrivée contre toute attente des puissances étrangères de ministres communistes dans une démocratie (française).

Où on attend au soir du second tour les chars sur l’avenue des Champs Elysées en 1981, il n’arrive qu’un espoir. François Mitterrand a permis, sans le savoir ? j’en doute, la pleine réalisation de la mondialisation et de l’ancrage de l’économie de marché : son arrivée au pouvoir, et après seulement trois années de gestion, se traduit par une attaque du franc, des symboles sociaux forts (et attendus !), qui bouleversent profondément le champ social, mais finissent par montrer la réalité d’un projet irréaliste dans un système démocratique sain.

Wolinski-MitterandMilitantsPSchevres.png

Tiré de l'album "à gauche, toute !", Wolinksi, Temps Actuels (25 août 1982)

Paradoxalement, c’est parce que notre système politique a plié sans rompre à ce changement historique de majorité - dans la paix -, que s’effrondre le mythe d’une révolution socialiste. Ce pourquoi, à l’origine il avait été pensé et créé. Il faudra pourtant attendre 2008 pour que les Socialistes (actuels) reconnaissent à demi-mot ce constat : la révolte n’est que contre les injustices et les combats sont pour une vie meilleure ; traduit en bon sens communicant par une “hausse du pouvoir d’achat”, dans le cadre fixe d’une république démocratique. L’argent s’est fait maître mot des relations sociales.

L’arrivée, dans cette troisième construction, du Gouvernement de Lionel Jospin, alors Premier ministre, conforta l’idée que le changement resterait à la marge. La place est nette pour l'extrême gauche (et étonnamment l’extrême droite : le conservatisme face à l’Union européenne, le conservatisme face à la progression même des idéaux qui ont fondée la nation et qui, pourtant, ils se revendiquent si souvent, pour des fins nationalistes).

Cet article est aussi un ban d’essai pour décortiquer ce qui fonde le Parti Socialiste : les déclarations de principes. Le même travail sera fait avec le (les) partis de droite et du centre. On y voit les nombreuses évolutions, les non moins nombreux reniements.

Il y a dans les successives déclarations de principes du PS, au fond, un certain échec non de l’idée contemporaine généralement partagée (un monde plus juste, qui est repris aujourd’hui en coeur par l’ensemble des partis dits de “gouvernement”), mais du reniement même : on y voit clairement ces trois constructions, le basculement du monde dans l’horreur de la guerre pour remonter vers le consensus dégagé autour du binôme démocratie/économie de marché. On y voit la fin des classes pour l’individualisation, la crainte et l’admiration pour la Science et ses sursauts, pour une certaine prise de conscience difficile mais toujours présente de la nécessité écologique.

Il y a aussi dans les différentes versions le regard même posé par les acteurs de chacune des périodes sur l’Etat : puissant et dévoyé, à abattre, main puissante à conquérir, simple objet de travail, forme ultime du peuple ou nécessité.

Je n’évoque pas, pour l’instant, le fondement même de ces évolutions, mais je les aborderai d’un bloc, droite et gauche confondues, lors d’une première observation du fonctionnement des partis.


Lire la suite...

La BD pour illustrer

Plus court et illustré : désormais, à chaque article son illustration !

Wolinski-VieDeCon.png

Tiré de l'album "à gauche, toute !", Wolinksi, Temps Actuels (25 août 1982)

mardi 19 avril 2011

La réalité, forcément mesurable ?

J’ai eu l’occasion (sans donner plus de détails, cf. l’article 3) de participer à une réunion sur la création d’un indice de “bien-être”, et la question centrale de la rencontre : “qu’est ce que le bien-être ?”. Quelques réflexions à la sortie, rentrant dans la série d'articles "des données qui fondent la décision".

Lire la suite...

dimanche 17 avril 2011

(pause détente) Apprendre à compter jusqu'à -46 avec vos doigts...

Tour de passe-passe entre la compression de données par les mathématiques, et un besoin urgent de faire ses comptes pendant une attente à la file du MacdDo cet après-midi : c'est un résultat inattendu, mais oh combien pratique. Exemple par une histoire un peu décalée ;)

MàJ : après réflexion, seuls les chiffres 1, 2, 3, 7 et 13 servent sur les deux mains avec la combinaison des deux méthodes, par paquet de 26, ce qui nous laisse une plage de 0 à... 702 !


Imaginez un matin, pas réveillé comme tant d'autres : votre patron vous hurle dessus pour connaître l'état des stocks, disons des boules de glace. Vous partez de 25 (hier soir, après la livraison), et tout le monde s'est servi. C'est le bazars : vous faites le tour des bureaux, et on vous dit "j'ai pris 2 boules !", "moi 2 fois une boule !", etc.

Horreur : votre stylo vous lâche, vous devez compté à la volée. Vous n'avez que dix doigts, que faire ? Les maths sont votre solution : la compression de données.

Lire la suite...

Des moyennes moyennes (suite : débat avec mon ami Marc L.)

Travaillant dans le secteur public, et issu d'une formation sur la décision publique et politique, c'est un échange passionné. Et qui m'a montré les limites de l'exercice, de mon style d'écriture, de ma manière de présenter cet article...

Pour aller plus loin, voici le résumé de nos échanges.

Lire la suite...

Des moyennes moyennes

Qu’est ce qui peut rapprocher cet article de la politique me direz-vous ? C’est l’objet de sa suite : éclairer un premier écart entre mesures et réel.

MàJ (12h24) : résumé d'échanges contradictoires suite à la publication de l'article.

Lire la suite...

lundi 11 avril 2011

La veille, le référentiel, et un peu de tout

Article d'introduction, dans une nouvelle série sur les données qui servent - et fondent - la décision publique. On débute par la veille, qui permet l'acquisition d'une "image" de la réalité perçue par les média, à commencer par Internet. Ici dans le secteur privé.

Lire la suite...

dimanche 10 avril 2011

Se connaître pour dépasser ses préjugés

Pourquoi cet autodialogue ?

Mettre par écrit ce que je pense être, ce que je pense penser, ce que je pense croire, pour arriver à trouver ses propres biais et certaines limites de ses propres raisonnements.

Mais est-ce complet... ?

Non, et pas suffisant. Second pourquoi : une thèse, vraiment ?

C'était le but à l'origine. Mais la réalité que j'en ai constaté diffère des beaux idéaux de présentation. Comme toute candidature, c'est un jeu d'influence et d'intérêts (les intéressés, s'il lisent ce texte, se reconnaîtront).

C'est assez logique, somme toute : la relation entre un directeur de thèse et un doctorant. Personne n'a eu le coup de foudre pour mon sujet et ma personne !

Blague à part, lorsque l'on souhaite - veux - porter un projet en admettant par principe que l'on va partir de l'existant (Sciences Politiques, Sciences de gestion, Intelligence Économique) pour le remettre en cause et très probablement arriver sur des conclusions bien différentes et bien moins certaines que ce l'on veut admettre, c'est rare de déclencher un tonnerre d'enthousiasme.

L'Intelligence Politique veut réinventer la roue alors ?

Réinventer je ne sais pas, mais (re-)démontrer que l'arrondi d'une roue, à commencer par le pneu, est tout sauf une matière lisse, très certainement.

Je pars d'un principe, qui est l'un des deux piliers de l'IP : rien n'est certain. Strictement rien, car la décision politique, publique, et, soyons honnêtes la décision tout court, s'appuie avant tout sur l'Homme. Jusqu'à l'arrivée d'IA suffisamment développée ?

Le matin, brûlez vous avec du café, perdez vos clé, soyez dans une période psychiquement un peu difficile... vos décisions seront-elles absolument rationnelles au cours de la journée ? Très probablement pas, même avec la meilleur volonté du monde.

Pour être honnête, je ne sais pas si aujourd'hui nous pourrions admettre dans une science “noble” (comme les Sciences Politiques) l'incertitude et l'imprévision comme général et systématique.

Et si tu avais tort ?

Et si j'avais raison ? La politique, c'est comme le ciel : quelle définition, quelle limite ?

Un enfant vous dira qu'il est bleu, que les nuages volent et que le soleil est rond comme la lune, que les étoiles sont toutes petites et qu'il y a des oiseaux.

Un scientifique vous dira qu'il est noir, que la couleur est donnée par la couleur de la lumière du sol dans différents strates de l'atmosphère puis du vide, que les nuages sont des concentrés de vapeur d'eau et différents composés en suspension, que notre système solaire est petit comparé aux autres, que les étoiles ne sont en réalité que des représentations de la lumière qui a traversé le ciel pendant des milliers d'année et que l'espace est principalement composé de vide et d'inconnu.

L'artiste vous dira que le ciel est l'un des deux plans, qui rejoint le sol à la ligne d'horizon. Il peut être de toutes les couleurs et toutes les dimensions, de toutes les formes.

Le poète vous dira que c'est la chose la plus merveilleuse et que c'est une représentation de la dualité entre jour et nuit, vie et mort, que les étoiles sont des représentations de l'âme des disparus, que le ciel est la carte du voyageur qui le guide à travers l'océan nommé Vie.

Le prophète vous dira que le ciel, c'est Dieu, le Bien.

A chacun sa légitime part de vérité, du haut de ses observations, que modestement je résume ici :

  • une vision simple mais partagée et directement accessible (l'enfant),
  • une vision complexe qui explique la nature des choses et distingue des niveaux de réalité - perçue et probable (le scientifique),
  • une vision sublimée (l'artiste),
  • une vision empreinte d'émotions qui traduit la pensée sensible (le poète),
  • une vision sur le sens de choses et du but, de la moralité (le prophète).

Parole très “politique” pour le coup... une parabole, oui mais encore ?

Cela rejoint l'autre pilier où seule la représentation du monde est considérée comme plutôt fixe, connue, claire et modélisable d'une façon compréhensible. Qui peut aujourd'hui, même les intéressés, expliquer le fonctionnement d'un cabinet ministériel et modéliser les luttes d'influence qui couvent ? Qui peut expliquer comment se forme des majorités où chaque élu a son propre réseau, ses intérêts, parfois contradictoires avec ce qu'il défend ?

Quelle est la définition du politique, quelles sont les limites ?

Je propose une définition claire de mon objet d'étude : l'Intelligence Politique, c'est l'étude de la décision publique et des moyens d'y parvenir dans le cadre d'institutions publiques, par l'ensemble des personnels, élus ou non, qui y concourent.

Contrairement aux Sciences politiques, l'idéologie et l'histoire ne sont pas le fondement de la pensée mais une composante de l'esprit du décideur dans un schéma plus large. L'idéologie est une influence comme une autre, qui aide ou construit une vision du monde. L'histoire est un regard qui tente l'objectivité à partir de faits et qui concourent à construire une vision du monde.

Bref : rien de certain, pas de règles... où aboutir ? Qu'est ce qui en ressortira ?

Des modèles de pensées, de prises de décision ? Peut-être rien.

N'est ce pas faire de la philosophie de bas étage ?

Oui et non : la philo est la base de toute science. Je ne peux et ne veux me substituer à la philo et aux Penseurs autrement plus qualifiés (et doués). Ici, c'est aussi du concret et parfois peu “moral” : comment on gagne une élection, quels sont les moyens d'influer, comment s'organise et se traduit le pouvoir, comment tous les acteurs interagissent entre eux.

Tu es engagé en politique, cela se traduit (traduira) forcément dans tes textes. Es-tu légitime à faire ce travail ?

Non, probablement pas. Je tenterai ce travail, avec ou sans thèse. Je porte une certaine vision du monde, où la liberté d'entreprendre est permise et encouragée, mais aussi un système équilibré. Social-démocrate, centriste, modérée, progressiste: choisis mon camp camarade.

Mais si je suis engagé, c'est aussi un coeur de système que je côtoie, où j'agis, que je connais et observe plus facilement. Une certaine division de la personnalité... !

Qui ne porte pas de valeurs ? Quelqu'un peut-il se poser ces questions sans s'y intéresser ? J'en doute.

Cela ne sera donc pas un travail universitaire au sens strict du terme...

Si cela n'est pas reconnu par des futurs pairs, non. Cela ne sera pas reconnu comme tel. Tout juste un vague “machin” (aurait dit le Général).

… Tant pis ?

Frusté, déçu, c'est sûr. Je n'y suis pas encore !

dimanche 3 avril 2011

L'article « 3 »

Après quelques mois d'activité en pointillé sur le site (mais en continu dans la vie « réelle »), un petit point des blocages de publication :

  • tout d'abord sur le contenu lui-même : manque de temps, manque de pièces. Pour le premier manque, c'est assez simple, je rattrape mon retard dans les domaines des droits administratif et européen, de la comptabilité publique, des enjeux politiques locaux ou encore d'une (relative) maîtrise des différents schémas et des imbrications qui fondent l'action régionale et ses contraintes. Cela prend du temps ! Pour le seconde manque, c'est bien d'avantage au regard du travail de vérification et de recoupage que de la disponibilité pure, où se trouve le problème.
  • ensuite sur l'accès de ce contenu de manière publique : j'ai décidé de m'appliquer à fonder mes premières hypothèses d'IP directement en situations, et les résultats sont plutôt probants et en amélioration (bien que chronophages). Cependant, mon contrat de travail m'interdit la diffusion de certaines pièces et, même dans l'optique où celles-ci seraient directement accessibles, il se pose la question de l'engagement indirect mais réel et médiatique de l'Intergroupe.
  • enfin sur la relativité de nombre de mes observations : je ne peux aujourd'hui m'engager sur une certaine « universalité » au vu de la diversité des situations et du domaine politique qui touchent tout à la fois les sphères publiques, privées, interne aux groupes et partis, à des relations personnelles, etc.

Cependant j'arrive à une même conclusion dans tous les cas, au niveau national comme local, avec la prééminence « du fait majoritaire » (au sens d'une volonté de l'exécutif qui n'est que peu remise en cause), qui va fortement peser sur l'accès et les modalités d'accès aux sources d'information, sur le circuit de décision jusqu'à la mise en œuvre.

Alors, parce que l'envie de continuer est plus forte et que je crois plus que jamais à l'Intelligence Politique, je vais désormais m'axer sur des points locaux anciens, et des comparaisons entre majorités différentes (1992-2004/2004-2014), mettant en avant à la fois les évolutions législatives et réglementaires, comme les ressemblances (étonnantes !) qui existent parfois : exemple avec l'article sur la participation populaire , toujours sur des documents totalement ouverts.

Cette nouvelle orientation me permet de passer en revue plus facile d'une source presse (avec les limites qu'on lui connait habituellement) ou littéraire à une source institutionnelle, dans un milieu – la Région – que je commence à bien connaître.

Ici ma mission de collaborateur me donne les moyens d'approfondir et d'accéder aux ressources de communication institutionnelle datant de plusieurs dizaines d'années, de remonter sans difficultés dans les archives des notes et discours, en les synthétisant et les rendant d'avantage accessibles, sans jamais « dé-classifié » un document.

Les règles seront respectées : « Article 3 : M. Julien Garderon se reconnaît tenu au secret professionnel et à une obligation de discrétion pour tout ce qui concerne les faits, informations, études et décisions dont il aura connaissance au cours de sa mission ; il s'interdit notamment toute communication écrite et verbale et toute remise de documents à des tiers sans l'accord préalable du porte-parole du groupe politique " Union pour un Renouveau Régional " ».

- page 1 de 2